Saturday, January 12, 2008

Rentrée & Film Festival.

De retour à Pune.
Certains cours ont repris et j’ai attrapé mon coup de froid habituel de quand je rentre. Sauf que cette fois-ci j’essaye de l’entretenir à un seuil minimum pour quand je vais partir à Singapour dans 3 semaines. Pour qu’ils croient bien au département que j’ai vraiment la grippe.

Derrière moi le raffut du trafic de la rue en contrebas, je suis dehors en pull, il fait vraiment chaud, j’ai l’impression toute la journée d’avoir comme un gros sac plastique dans laquelle reposerait ma tête. Tous les sons qui parviennent jusqu’à mon intérieur ouaté me paraissent étouffés.

* * *

L’autre jour, fin d’après-midi chez Naïma.
Des oiseaux gazouillent au-dehors. Quelques rires d’enfants, il fait bon. J’ai l’impression d’être un doux soir d’été à Viroflay, en fait il est 17h et nous sommes le 10 janvier.

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Ce matin j’ai vu la neige. Et aussi les sièges verts des rames de métro neuves, et la vue qu’on a de Paris, quelques mètres après chez Alain quand on remonte la rue Piat. Ma première vue de Paris, la toute première dont je me souvienne. Avec la tour Montparnasse bien à gauche, et la tour Eiffel bien à droite. Les gros immeubles comme à la Duchère, bien au premier plan. J’avais 11 ans.

J’ai vu ça dans un film. C’est le festival du film à Pune, et c’est génial de pouvoir aller au cinéma loin des opus b/hollywoodiens.
Enfin à part qu’il y a eu la neige, la mer, un petit sapin de Noël avec une guirlande musicale, la vue de Paris depuis Belleville et une baguette en premier plan comme si on pouvait la manger en vrai, le film était nul.
Hier j’ai vu un film pakistanais qui m’a beaucoup fait pleurer, et ça m’a énervée parce que je n’aime pas quand je me fais manipuler comme ça par les scénaristes.
C’était Khuda Kay Liye (Au nom de Dieu), de Shoaib Mansour. A part que les play-back sont mal faits, le film est bouleversant.
Comme d’habitude en Inde, la salle était hyper réactive, avec les ‘wouhou’ là où on les attend (scènes d’amour) les applaudissements où on les attend (grandes tirades toutes blanches face au discours tout noir du méchant) mais également là où on ne les attendais pas : au nom de Jinnah*, effervescence de petits groupes éclaboussés un peu partout dans la salle… J’ai encore tout à apprendre sur la Partition.

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En face de moi, à l’intérieur, je vois à travers la vitre une fille qui porte un jean moulant, des escarpins à talons et un petit top noir. Elle a des mèches et joue au billard avec un autre gars ‘fashion’. Leur image se superpose à mon reflet dans le miroir.
Je souris. Très bonne année 2008 à tous, et surtout tous mes vœux de bonheur…



* En 1947 le parti du Congrès est divisé en 3 courants principaux : le courant brahmane de Gandhi (l’unité indienne doit se construire autour de la religion, plus particulièrement autour de l’hindouisme), celui de Nehru (la religion ne doit en rien interagir avec la sphère publique) et enfin le mouvement emmené par Jinnah (leader de la Ligue musulmane) prônant la Partition de l’Inde.
Le 15 Août, jour de l’Indépendance, la Partition a lieu, donnant lieu à deux entités politiques distinctes : l’Inde et le Pakistan (occidental et oriental, le Pakistan oriental devenant un nouvel Etat en 1971 : le Bangladesh).
Sources : souvenirs du cours de ‘Sociology of India’ de Sharmila Rege.