Tuesday, December 4, 2007

Varanasi.

Je suis partie en Inde sans rien en savoir que quelques documentaires d’Arte tronques. Suffisamment cependant pour connaitre l’existence de Varanasi et ne pas vouloir y aller, pas assez donc pour etre atteinte par le mythe.
Je me suis demandee ce que vient chercher un touriste a Varanasi. Pourquoi y est-on ? Pour y voir quoi ? Se confronter a quoi ?
Aller a Varanasi me semblait voyeur et morbide.

* * *

Le train, comme toujours, a pris son temps pour y arriver. Apres de multiples arrets au milieu de nulle part, nous sommes entres dans une gare, pas trop grande ni trop frenetique, sous un ciel gris plombe et une petite bruine.
Jamais je n’aurais cru que nous venions d’entrer en gare de Varanasi.

Du haut de notre rickshaw-cyclo la ville ne m’a deja pas semblee ordinaire. Je ne saurais l’expliquer, ce n’etait juste pas pareil.
Pour la premiere fois depuis des semaines il n’y avait pas de ciel bleu au-dessus de nos tetes, mais un gris perle bouche et lumineux, une petite pluie qui venait de tomber.

Nous avons cherche la guest house dans les rues de la vieille ville, et soudain, c’est comme si nous l’avions senti. Le Gange, juste la, derriere le muret.
Et voir ce fleuve, si large, si immobile, imposant et paisible, ca c’etait magique.

***

Ce matin, le soleil est revenu.
A 6h30 il apparaissait derriere la berge – rouge sanguinolent.
A 10h30 il est haut dans le ciel et chauffe, et le ciel est bleu au-dessus de ma tete, et brumeux au-dessus du Gange.

* * *

Je ne sais toujours pas ce qu’un touriste vient chercher a Varanasi. L’ambiance de la ville, bien que touristique, reste tres particuliere et magique, les prieres au Gange une fois le soir tombe, les pujas* - petites flammes tremblotantes qui brillent sur le fleuve une fois la nuit venue.
Le monde, le Gange degueulasse dans lequel on a pieds meme en plein milieu, tous ces bateaux a rames, rencontre avec un viel homme au-dessus des buchers crematoires, la ou les rives du fleuve sont noires de cendres mouillees et oranges de colliers de fleurs rituels.
Le vieil homme voit Shiva** apparaitre, parfois, la nuit. Il me raconte Varanasi.
Entre temps, en bas, sur les ghats, le pied qui depassait du bucher est tombe. Heureusement quelqu’un a ramene du bois du feu mourrant d’a-cote. Et j’ai trouve ca gentil, parce que le bois de la cremation coute cher (entre 1000 et 2000 Rs minimum pour les 3 heures de feu necessaires a bruler un corps) et qu’il n’y a pas de raison de partager sa part durement acquise.


* offrandes (pour les prieres)




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