Monday, August 6, 2007

Matheran, Maharashtra, India.

J’ai trouvé refuge, ô quelle surprise, à la bibliothèque. Un petit placard dans lequel se bousculent quelques bouquins de socio et des étudiants bruyants commentant le Times of India. Heureusement, à ma demande, le silence général se fait.
J’ai assez sommeil et les yeux légèrement gonflés, restes de fragments allergiques et d’Aerius dont je me suis bourrée tout le week-end…


Dimanche – en descendant du petit village haut perché de Matheran.
Mousson.

Nous marchons en silence le long de la voie ferrée, terre rouge.
Le ciel ne s’est pas dégagé de l’argent des nuages, mais le brouillard s’est dissipé et nous découvrons un paysage de collines boisées, de champs vert fluorescent qui s’étendent à leur sommet. Les collines sont sillonnées de cours d’eau, torrents et cascades qui suintent. La terre ne peut absorber ce trop-plein ; en contrebas, dans la vallée, une rivière court.

Les touristes à Matheran sont nombreux, même en pleine mousson. Beaucoup semblent de riches Mumbaikiens ; il y a également des groupes scolaires, qui marchent - détrempés mais visiblement heureux - sous des trombes d’eau.
Notre point commun à tous est cette lente et chaotique redescente le long des rails, serpentants à travers la forêt.
Soudain, d’entre les arbres je sens l’air qui s’assombrit. A peine le temps de m’en faire la réflexion que d’énormes gouttes de pluie s’abattent déjà.

Nous marcherons une demi-heure sous cette pluie diluvienne.
J’ai retroussé mon bas de pyjama (seul élément resté sec de la veille) mais il s’est tout de même mouillé, et l’humidité remonte le long de mes jambes.
Je suis en tongs. Je patauge dans l’eau rouge et glacée qui ruisselle le long de la pente. Equilibre instable sur les graviers longeant la voie ferrée.

L’eau s’abat toujours. Je ne sais s’il s’agit pour le ciel de laver les péchés de la Terre des hommes, ou s’il s’agit pour les dieux d’abattre leur divine colère sur l’ensemble des mortels… Dans tous les cas le monde n’en ressort pas plus pur ni les hommes plus contrits. Non. Nous n’en ressortons que plus misérables, et plus humides.

No comments: