Wednesday, August 29, 2007

Incapacite.

Je l'avoue, je suis bien incapable de raconter Mumbai, et puis Goa...
Oui, il y aura des photos, je crois aussi qu'il y a des films.


En attendant vous trouverez sur ces pages un recit fort drole et fort bien narre (diantre, j'ai une vraie concurrence) : http://missevans.wordpress.com/
Il s'agit de notre escapade a Goa, par Lucy. Cela donne du meme coup un apercu d'avec qui je vis actuellement, vous vous douterez donc qu'on ne s'ennuie pas et qu'on rigole un peu...


Mon estomac me reclamant autre chose que du mango juice, je retourne a mes penates...
Celia.

Wednesday, August 8, 2007

Random.

Vautrée sur les matelas du salon.


Matheran.
Lorsque l’on descend du taxi nous sommes assaillis par une foule d’hommes, tour à tour horsemen, porteurs, guides, tireurs de rickshaws, hôteliers. Le tout selon nos besoins.
Ils ne sont pas les seuls à nous accueillir. Il y a aussi la masse de touristes qui s’accumule sous le gros auvent – il faut payer, et puis s’abriter aussi, parce qu’il pleut. Un groupe de macaques gris veille sur cet agrégat humain disparate, nous toisant du haut de leur pancarte verte.

Un vieil homme maigre – mais est-il besoin de le préciser ? – me saisit par le bras. Il veut porter mon sac « 100 rupees Ma’am ». Je secoue la tête. Il insiste « 50 rupees Ma’am ! ». « Please… ». L’accent est désespéré, la voix déchirée, les yeux suppliants.
Bouleversée, j’entame la montée légère de 4 kilomètres, mon sac solidement arrimé sur mes épaules.

Là-haut, c’est MG* Road qui nous attend. Rue principale de terre rouge, flaques et crottins de cheval. De chaque côté de la rue, des boutiques alignées. Nous avons le sentiment d’avoir pénétré un monde parallèle inconnu : le Far West indien.
Il y a des chevaux partout, à louer pour des balades. Beaucoup sont beaux et vigoureux, le poil brillant, l’air en bonne santé.
Voix plaintive et découragée dans mon dos. « A horse Ma’am ? » A califourchon sur son cheval aux hanches saillantes, ce n’est pas le même homme, mais ce sont les mêmes yeux suppliants.
L’eau ruisselle sur la terre détrempée, sur mon visage, dans mon cou, le long de mes cheveux. L’inondation remonte de mon cœur jusque dans ma gorge.

Par ailleurs les gens sont adorables, les visages chaleureux à Matheran.
Nous errons dans les rues non pavées des bas quartiers du village, là où personne ne vient jamais. Homme solitaire qui gravit lentement la pente, au second plan le tumulte deviné des chevaux et des touristes qui déambulent sur MG Road.

Nous avons la bêtise de partir pour une balade à cheval dans la forêt. Sans discontinuer il pleut des cordes, nous ne pouvons voir le paysage noyé dans une blanche brume nuageuse. Seuls dans les bois sur nos canassons, j’ai l’impression de me trouver en plein cœur de Brocéliande. Feuillages verts et mares d’eau rouge.
La silhouette de Floriane se découpe en ombre chinoise sur le brouillard. Tête nue, cape étalée sur son cheval, l’image est magnifique.

Peu rassurés par nos chevaux rendus nerveux par la pluie, nous décidons de faire demi tour et rentrons ruisselants au village. Le propriétaire des chevaux, opulent, nous attend. Nous repartons à l’hôtel, abandonnant là équidés et guide teneur de bride – petit homme fluet qui nous accompagnait à pieds. Il porte le chapeau en plastique que tous ont ici, un énorme sweat plus terreux que blanc, dans lequel il flotte. Du sweat dépassent deux jambes brunes qui tremblent de froid. Ses dents claquent, je les devine violettes. Quand il lève les yeux sur moi, son regard est apeuré. Son œil droit est atteint de strabisme.

Je ne comprends plus, je ne sais plus.
Alors je pars me blottir dans mon lit dur, et rabat sur mes jambes cette immonde couverture qui gratte.


Matheran ce sont également des fous rires à regarder les singes vivre et s’amuser dans les fils électriques, pénétrer dans l’hôtel, fouiller les poubelles, tenter de nous chaparder notre précieux papier toilette depuis la fenêtre des WC.

Matheran c’est aussi un bouquin, lovée dans la chaise en plastique rouge inconfortable, le nez plongé dans ce paysage qui se dévoile au fur et à mesure que le brouillard se lève.
C’est l’odeur pestilentielle de la boucherie dans laquelle nous sommes conviés, visite avec le sourire mais merde qu’est-ce que ça pue !
C’est un café supplémentaire improvisé qui vient prolonger le repas… la pluie s’est remise à tomber.
C’est une nuit agitée, réveil en sursaut car la fenêtre s’est ouverte sous l’effet d’une bourrasque de vent. Entre deux rêves et un coup d’œil furtif, paysage tourmenté des palmiers qui plient dans la tempête.


A Pune aussi les éléments se déchaînent. Du 5ème étage nous entendons le sifflement du vent qui s’engouffre dans les branchages, les palmiers qui s’agitent. Un oiseau qui plane, les klaxons de la rue, un bruit sourd. Tantôt une porte qui claque, tantôt une bouteille de plastique qui roule sur le macadam, croassements inconnus.
La musique orientale qui monte du poste de la menuiserie d’en face. Quand ce n’est pas ça c’est le muezzin, ou encore un temple caché à nos regards indiscrets.
Les collines au loin, la ville qui s’étend sous nos pieds, la rivière boueuse qui gonfle de jour en jour.

C’est devenu là chez moi.



* Mahatma Gandhi

Monday, August 6, 2007

Matheran, Maharashtra, India.

J’ai trouvé refuge, ô quelle surprise, à la bibliothèque. Un petit placard dans lequel se bousculent quelques bouquins de socio et des étudiants bruyants commentant le Times of India. Heureusement, à ma demande, le silence général se fait.
J’ai assez sommeil et les yeux légèrement gonflés, restes de fragments allergiques et d’Aerius dont je me suis bourrée tout le week-end…


Dimanche – en descendant du petit village haut perché de Matheran.
Mousson.

Nous marchons en silence le long de la voie ferrée, terre rouge.
Le ciel ne s’est pas dégagé de l’argent des nuages, mais le brouillard s’est dissipé et nous découvrons un paysage de collines boisées, de champs vert fluorescent qui s’étendent à leur sommet. Les collines sont sillonnées de cours d’eau, torrents et cascades qui suintent. La terre ne peut absorber ce trop-plein ; en contrebas, dans la vallée, une rivière court.

Les touristes à Matheran sont nombreux, même en pleine mousson. Beaucoup semblent de riches Mumbaikiens ; il y a également des groupes scolaires, qui marchent - détrempés mais visiblement heureux - sous des trombes d’eau.
Notre point commun à tous est cette lente et chaotique redescente le long des rails, serpentants à travers la forêt.
Soudain, d’entre les arbres je sens l’air qui s’assombrit. A peine le temps de m’en faire la réflexion que d’énormes gouttes de pluie s’abattent déjà.

Nous marcherons une demi-heure sous cette pluie diluvienne.
J’ai retroussé mon bas de pyjama (seul élément resté sec de la veille) mais il s’est tout de même mouillé, et l’humidité remonte le long de mes jambes.
Je suis en tongs. Je patauge dans l’eau rouge et glacée qui ruisselle le long de la pente. Equilibre instable sur les graviers longeant la voie ferrée.

L’eau s’abat toujours. Je ne sais s’il s’agit pour le ciel de laver les péchés de la Terre des hommes, ou s’il s’agit pour les dieux d’abattre leur divine colère sur l’ensemble des mortels… Dans tous les cas le monde n’en ressort pas plus pur ni les hommes plus contrits. Non. Nous n’en ressortons que plus misérables, et plus humides.